
Le savoir-faire dans les moindres détails
L'artisanat responsable ne se résume pas à un texte consigné dans un document de politique générale. Il vit au cœur de l'atelier : dans les décisions prises avant la première coupe, dans le poids du bois entre vos mains, et dans la question que l'on se pose à chaque fois que l'on manipule un matériau qui a mis des décennies à devenir ce qu'il est.
Chez Riento, l'artisanat responsable commence dans l'atelier finlandais, aux côtés de Ville-Veikko Ponkiniemi, le luthier principal dont le travail quotidien transforme le bois, la patience et la précision en instruments faits pour durer. Pour lui, la durabilité n'est jamais un simple slogan. Elle fait partie intégrante de la manière dont les matériaux sont choisis, dont le gaspillage est évité et dont chaque guitare est conçue pour traverser le temps.

Le bois n'est jamais seulement du bois
Pour Ville-Veikko, la relation avec le bois a commencé bien avant l'atelier. Il a grandi au milieu des forêts finlandaises, vendant du bois d'œuvre aux scieries et brûlant du bois pour chauffer sa propre maison. À l'époque, le bois était un matériau. Aujourd'hui, c'est tout autre chose.
« Ce n'est plus seulement du bois. Il doit s'agir du bon type de bois, coupé de la bonne manière, pour qu'il puisse devenir du bois de qualité lutherie. »
Chaque pièce qui entre dans l'atelier Riento est évaluée en fonction des besoins de l'instrument : orientation du fil, sens de la coupe, densité et taux d'humidité. Rien n'est sélectionné à la légère. Rien d'utilisable n'est traité comme un déchet. Ce qui a changé, ce n'est pas le bois lui-même, mais le regard posé sur lui.

Prendre moins, utiliser plus
Réduire les déchets n'est pas un simple slogan. C'est un engagement personnel qui traverse chaque étape du processus de fabrication. Lorsque Ville-Veikko s'approche d'une planche, il ne voit pas seulement ce dont il a besoin. Il voit tout ce que le matériau peut devenir.
« S'il y a la moindre chance que je puisse utiliser le même morceau de bois à deux fins différentes, je le ferai. »
Les chutes de bois exotiques sont conservées pour de petits détails décoratifs, des réparations et de futures fabrications. Les plus grands restes de bois indigènes servent à chauffer les maisons. Les matériaux d'emballage des commandes entrantes sont réutilisés chaque fois que possible pour les guitares sortantes. La sciure est l'une des rares choses qui ne peuvent pas vraiment être sauvées.
Dans un atelier fondé sur cet état d'esprit, les déchets ne sont pas une simple idée après coup. Ils sont pris en compte avant même que la première coupe ne soit effectuée.
Conçue pour survivre à son créateur
Une guitare est l'un des rares objets fabriqués aujourd'hui dont on attend véritablement qu'il s'améliore avec le temps. Cela fait de la longévité une question environnementale, à laquelle il faut répondre à chaque fabrication. Une guitare conçue pour durer cinquante ans, c'est cinquante ans de moins où il n'est pas nécessaire de la remplacer.
« J'aimerais que les guitares que j'ai construites soient encore là, même quand je n'y serai plus. »
Ville-Veikko conçoit ses instruments en gardant cette perspective à l'esprit. Il sélectionne des matériaux pour leur intégrité structurelle à long terme, assemble des joints prévus pour tenir des décennies et finit les surfaces de manière à ce qu'elles vieillissent avec élégance plutôt que de simplement s'user.
La longévité n'est pas une caractéristique ajoutée à la fin. C'est l'un des fondements de chaque guitare Riento.

L'instrument imparfait
Une réflexion de Ville-Veikko résume l'esprit de cette démarche.
« Une guitare est un instrument qui parle aux gens de manière personnelle. Elle est imparfaite, tout comme un être humain. »
Cette imperfection n'est pas un défaut dans l'artisanat. C'est la preuve d'une main humaine : du vrai bois, un vrai contact et une vraie responsabilité.
C'est ce que l'artisanat responsable a toujours signifié chez Riento. Et c'est ce qu'il continuera de signifier, bien après que la sciure soit retombée.
